L’investissement indiciel n’est pas une stratégie passive
shade

L’investissement indiciel n’est pas une stratégie passive

16/06/2026

Dans cet article de l'AGEFI, Pierre-François Donzé, Gérant discrétionnaire & Responsable Institutionnels et gestion de fonds à la Banque Bonhôte, apporte un éclairage nuancé sur une question qui anime régulièrement les débats dans le monde de la gestion d’actifs : l’investissement indiciel est-il vraiment une stratégie passive ?

Depuis le début des années 2000, les marchés actions ont offert des rendements spectaculaires, masquant souvent la mécanique rigoureuse qui les sous-tend. Qualifier l’investissement indiciel de «passif» est une erreur fondamentale. Derrière une apparence de simplicité se cache une discipline de fer, capable bien souvent de surclasser la sélection active grâce à deux leviers invisibles mais puissants: le réinvestissement systématique des dividendes et un mécanisme de sélection dynamique appelé «le biais du survivant» qui élimine les perdants pour capturer les futurs champions.


Le moteur invisible: le réinvestissement des dividendes

La première pierre de l’édifice indiciel réside dans la gestion des flux de revenus. Les indices «total return», tels que le SPI ou le DAX, intègrent automatiquement le réinvestissement des dividendes. Ce mécanisme, souvent négligé par les investisseurs en lignes directes, transforme les coupons perçus en nouveaux titres, générant un effet exponentiel.

Lorsqu’un investisseur détient des actions en direct sans réinvestir ses dividendes, il crée un «cash drag» qui érode sa performance à long terme. Les données historiques montrent que la part de la performance totale attribuable aux dividendes réinvestis peut dépasser 50% du rendement global. En omettant cette étape, la sélection de titres individuels condamne l’investisseur à une sous-performance structurelle, là où l’indice capitalise chaque centime de revenu pour accélérer la croissance du capital.

 

Le biais du survivant: une force, pas un défaut

Le second avantage décisif réside dans la gestion du biais du survivant. Souvent critiqué, ce phénomène est en réalité la clé de la résilience des indices. Contrairement à un portefeuille géré activement qui doit «décider» de vendre une action en difficulté, l’indice applique des règles de composition strictes et objectives. Il élimine mécaniquement les entreprises en difficulté et intègre les nouvelles valeurs prometteuses.

L’exemple de Nvidia illustre parfaitement cette mécanique. Nvidia est entrée dans le S&P 500 le 29 novembre 2001 avec une capitalisation d’environ 8 milliards de dollars, alors qu’elle était inconnue du grand public. Depuis cette date, l’indice a progressé de 952% en total return (à fin mai 2026), alors que l’action Nvidia s’est envolée de 51.443% et son poids dans le S&P 500 a été multiplié par plus de 100.

La sélection de quelques titres comme proxy de l’indice expose l’investisseur au risque de détenir un perdant structurel (à l’image de Swissair par le passé), mais le plus grave est de rater les grands gagnants futurs.

 

La discipline contre l’émotion

Cette capacité à tourner la page sur les perdants et à intégrer les gagnants sans émotion confère à la stratégie indicielle un avantage stratégique. La sélection active est souvent paralysée par l’aversion aux pertes ou l’attachement à des titres historiques, tandis que l’indice suit une logique purement mathématique.

Cette approche, qui capitalise sur la puissance du temps et des règles strictes de gestion des positions, est une stratégie hautement résiliente que l’on aurait tort de sous-estimer.


Lire l'article dans l'AGEFI : L’investissement indiciel n’est pas une stratégie passive | agefi.com

Kontaktieren Sie uns

Pierre-François Donzé

Pierre-François Donzé

N’hésitez pas à contacter Pierre-François Donzé, resp. mandats institutionnels & gestion de fonds

Kontakt
Nos fonds de placement

Nos fonds de placement

La Banque privée Bonhôte suit dans le développement et la gestion de ses fonds de placement les mêmes valeurs que celles qui l'animent par ailleurs.

Weitere Informationen
Newsletter

Abonnieren Sie unsere Publikationen